Les métiers de l’industrie de défense, et ce qu’ils paient
Soudage, chaudronnerie, usinage, électronique embarquée, maintenance aéronautique, mécanique navale. Six métiers civils, les postes publiés, et qui paie la formation dans chaque cas.
Au 1er juillet 2026, France Travail comptait 5 908 contrats de travail de tourneur-fraiseur en ligne, 2 907 de chaudronnier et 2 121 de soudeur. Ce sont les trois métiers que toute la base industrielle de défense emploie, et ce sont aussi les trois qui se préparent le plus vite, en six mois à un an.
Un avertissement avant d’aller plus loin, parce qu’il change la lecture de toute la page. « Défense » n’est pas un secteur dans les statistiques d’emploi : ni l’enquête des employeurs, ni le comptage des offres ne le connaissent. Ce que l’on appelle la base industrielle et technologique de défense est une filière, qui fabrique des navires, des aéronefs, des véhicules, des munitions et de l’électronique, et qui recrute pour cela des métiers industriels déjà connus. Les nombres de postes ci-dessous comptent donc ces métiers tous secteurs confondus, pas les seuls postes de l’armement.
Umanity n’a pas encore de formation partenaire qui mène à ces métiers : cette page sert à les faire connaître et à vous dire où le financement se joue aujourd’hui.
Les six métiers, du plus recruteur au plus rare
Pour chacun, la fourchette de salaire brut que France Travail rattache à son code métier, ce que la personne fait, et par où l’on y entre.
Tourneur-fraiseur / Tourneuse-fraiseuse
H2903De 1 802 € à 2 333 € bruts par mois
Usiner une pièce métallique sur tour ou fraiseuse, le plus souvent à commande numérique, en tenant la cote au centième.
CAP, bac professionnel ou titre professionnel d’usinage. Les pièces de structure et de mécanique de précision passent toutes par là.
Chaudronnier / Chaudronnière
H2902De 1 802 € à 2 139 € bruts par mois
Tracer, découper, former et assembler des tôles épaisses pour fabriquer des coques, des tuyauteries et des structures mécaniques.
CAP ou titre professionnel de chaudronnier, préparé en six mois à un an. L’un des deux métiers que les chantiers navals citent systématiquement.
Soudeur / Soudeuse
H2913De 1 802 € à 2 123 € bruts par mois
Assembler des pièces métalliques par fusion, et répondre de la tenue du cordon dans le temps.
Titre professionnel de soudeur, puis des qualifications par procédé et par matériau. Sur les équipements sous pression et les coques, ces qualifications sont contrôlées pièce par pièce.
Mécanicien / Mécanicienne avion
I1602De 1 802 € à 2 500 € bruts par mois
Entretenir et réparer les cellules, moteurs et systèmes d’un aéronef, et signer la remise en service.
Bac professionnel aéronautique ou titre professionnel, complété par une licence de maintenance délivrée par l’autorité de l’aviation civile. Le parcours le plus réglementé des six.
Monteur-câbleur / Monteuse-câbleuse en électronique
H2605De 1 802 € à 2 244 € bruts par mois
Monter et câbler des cartes, des faisceaux et des coffrets électroniques, puis les contrôler avant intégration.
CAP ou bac professionnel en électronique, parfois un titre professionnel de six mois à un an. Aucune source publique ne ventile les postes vacants de la filière par domaine : ce que l’on sait de l’électronique embarquée, ce sont les contrats publiés pour ce code, ci-contre.
Mécanicien / Mécanicienne en mécanique marine ou navale
I1605De 1 802 € à 2 444 € bruts par mois
Entretenir les appareils propulsifs et les auxiliaires d’un navire, à quai comme en essais à la mer.
Bac professionnel ou titre professionnel de mécanicien naval. Le volume de postes est le plus faible des six, et il est concentré sur les façades maritimes.
Fourchettes de salaire : France Travail, « Metierscope, statistiques du marché du travail par métier », service en ligne, mis à jour en continu, période de référence 1er trimestre 2026. Ce sont des salaires bruts proposés à l’embauche, par code métier, pas des rémunérations constatées en poste.
Les trois métiers des métaux, en nombre de postes
Un comptage, pas une intention d’embauche : le nombre de contrats de travail en ligne pour chaque code métier, le 1er juillet 2026, tous secteurs confondus. L’alternance et l’apprentissage en sont exclus. Ces trois codes sont aussi ceux de la famille industrie, et ces nombres y sont donc les mêmes.
contrats de travail publiés pour le métier de tourneur-fraiseur
tour et fraiseuse, à commande numérique dans la plupart des offres
contrats de travail publiés pour le métier de chaudronnier
tôlerie épaisse et tuyauterie : coques, structures, réseaux sous pression
contrats de travail publiés pour le métier de soudeur
le métier dont les qualifications se contrôlent pièce par pièce sur les équipements critiques
Source : France Travail, « API Offres d’emploi, comptage des contrats de travail publiés par code ROME », version 2, hors alternance et apprentissage, relevé le 1er juillet 2026.
Pourquoi cette filière recrute, et ce que les sources disent exactement
La commande publique est posée pour sept ans. La loi de programmation militaire, dans sa version en vigueur depuis août 2026, porte un budget de 435,7 milliards d’euros pour la période 2024-2030. Attention au chiffre que l’on croise encore partout : 413,3 milliards était le montant voté en 2023, avant actualisation.
En face, le ministère des Armées décrit une base industrielle de 220 000 emplois directs et indirects, répartis entre neuf grands groupes et 4 500 PME, ETI et start-up. Le chiffre qui intéresse un candidat est le troisième : 10 000 de ces emplois ne sont pas occupés.
Deux groupements professionnels publient le détail par domaine, et leurs périmètres ne sont pas les mêmes. La filière aéronautique et spatiale a recruté 21 300 personnes en 2025 et en prévoit 20 000 pour 2026 ; les entreprises adhérentes au GIFAS emploient plus de 220 000 salariés dans leurs activités aéronautiques et spatiales en France. Le terrestre et l’aéroterrestre comptent 55 000 emplois, dont 7 000 créés en deux ans. La prévision 2026 de l’aéronautique est inférieure à son réalisé 2025 : la filière embauche à cadence soutenue, sans accélérer.
La filière emploie aussi des métiers du numérique, la cybersécurité au premier rang. Ils ne figurent pas dans la liste ci-dessus parce qu’ils relèvent d’une autre famille de parcours, traitée à part sur le site : voir les métiers de la tech et de la data.
Le naval n’est pas chiffré sur cette page, et c’est volontaire. Son relevé annuel de filière n’a pas pu être lu dans une source primaire accessible au moment d’écrire, et un chiffre qui ne se vérifie pas ne se publie pas. Le domaine est bien réel, ses métiers sont dans la liste ci-dessus, son volume d’emploi attendra une source ouverte.
Sources : Légifrance, « Loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, article 4 », modifié par la loi n° 2026-791 du 16 août 2026, version en vigueur depuis le 19 août 2026 ; Ministère des Armées, « Industrie de défense : les grands chantiers de 2025 », emplois directs et indirects de la base industrielle et technologique de défense, 27 janvier 2025 ; GIFAS, « Aéronautique et spatial : une rentrée placée sous le signe de l’emploi », groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, 24 septembre 2026 ; GICAT, « Vœux 2026 du GICAT : une industrie de défense et de sécurité solide, mobilisée et tournée vers l’avenir », relevé de la filière terrestre et aéroterrestre, analyse GICAT et Banque de France 2025, 16 janvier 2026.
Où le financement se joue, et où il ne se joue pas
La branche de la métallurgie cofinance une part des parcours d’atelier, et France Travail oriente vers des sessions collectives sur les métiers qui manquent de candidats. Un industriel qui ne parvient pas à pourvoir une offre peut aussi faire former la personne avant l’embauche. Ces trois voies sont décrites, avec leurs conditions d’accès, sur financer une formation sans CPF. Les demander avant tout le reste est le réflexe qui coûte le moins cher.
Si vous êtes salarié et que vous visez la maintenance aéronautique ou l’électronique, la période de reconversion permet de se former sans quitter son contrat. Ce qui demeure après ces dispositifs est le trou décrit sur le reste à charge d’une formation, et c’est sur lui que le contrat de partage de revenu Umanity a un sens, puisqu’il ne vous demande aucune avance. Les situations réelles, chiffrées une par une, sont détaillées sur les cas de financement d’une formation.
Trois des six métiers de cette page sont décrits plus largement parmi les métiers de l’industrie, et les filières que l’Europe relocalise sont réunies sur les métiers de la souveraineté européenne. Le métier le plus proche déjà détaillé page par page sur le site est celui de technicien de maintenance, avec son salaire région par région. Pour situer votre revenu avant et après, le simulateur de salaire part des fourchettes régionales de France Travail.
Comment financer cette formation
Aucun de nos organismes partenaires ne prépare aujourd’hui ces métiers. Voici les dispositifs à connaître, dans l’ordre où ils se mobilisent.
CPF
Mobilisable selon vos droits, avec une participation de 150 € depuis avril 2026.
France Travail
Pour les demandeurs d’emploi, sur les métiers en tension.
Période de reconversion
Pour les salariés, financée par les OPCO, en gardant son contrat.
Partage de revenu Umanity
Le reste sans rien avancer : vous remboursez une fois en poste.
Et après la formation ? Notre accompagnement vers l’emploi.
Vos questions
Faut-il être français, ou avoir une habilitation, pour travailler dans l’industrie de défense ?+−
Ces métiers existent-ils seulement dans la défense ?+−
Peut-on y entrer en reconversion, sans expérience de l’industrie ?+−
Qui paie la formation de ces métiers ?+−
Umanity finance-t-il une formation de l’industrie de défense ?+−
Un projet dans l’industrie de défense ?
Présentez-le : nous vous dirons franchement si nous pouvons le financer, et sinon vers quel dispositif vous tourner.
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