Transition écologique : les emplois qu'elle crée encore
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Transition écologique : les emplois qu'elle crée encore

La transition écologique a reculé dans les budgets publics, mais les obligations votées demeurent. Quels métiers recrutent, et comment s'y former.

Nicolas Goilav

cofondateur et CEO d’Umanity

Publié le

11 min de lecture
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Ce que nous proposons

Umanity finance la formation professionnelle par contrat de partage de revenu.

Les dispositifs publics viennent d’abord, parce qu’ils prennent en charge l’essentiel du coût quand vous y avez droit. Nous étudions ensuite ce qu’ils laissent à couvrir, et nous proposons de le financer sans que vous avanciez quoi que ce soit : vous reversez une part de votre revenu une fois en poste, au-dessus d’un seuil et pour une durée limitée.

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En 2025 et 2026, la transition écologique a perdu du terrain dans les budgets publics et dans plusieurs textes européens. Les obligations déjà votées, elles, continuent de s'appliquer : un logement classé G ne peut plus être loué, et les bâtiments tertiaires doivent réduire leur consommation d'énergie. Ces obligations font travailler des électriciens, des chauffagistes, des frigoristes et des installateurs. Cet article fait le point sur les reculs datés, puis sur les métiers qui recrutent pour ces chantiers.

Qu'est-ce qui a reculé depuis 2025 ?

En France, le recul a d'abord touché la rénovation des logements. Le 17 juin 2025, le gouvernement a annoncé la suspension du guichet des rénovations d'ampleur de MaPrimeRénov' à partir du 23 juin. Il a rouvert le 30 septembre 2025 pour les seuls ménages les plus modestes, avec une limite de 13 000 nouveaux dossiers jusqu'à la fin de l'année et uniquement pour les logements classés E, F ou G. La commission des finances du Sénat relie cette fermeture aux fraudes, mais aussi à un budget insuffisant face à la hausse de la demande. Pour 2026, l'Anah annonce un budget de 3,6 milliards d'euros pour MaPrimeRénov', et elle rattachait le 6 février 2026 la réouverture du guichet à la promulgation de la loi de finances.

Les montants ont suivi le même chemin. Selon la même commission, le financement de l'Agence nationale de l'habitat par l'État est passé de 3,9 milliards d'euros dans la loi de finances pour 2024 à 2,7 milliards dans celle pour 2025.

À l'échelle européenne, plusieurs textes ont été assouplis. En juin 2025, un règlement a permis aux constructeurs automobiles de respecter leurs objectifs d'émissions de CO2 de 2025 à 2027 en moyenne sur trois ans, au lieu d'année par année. En février 2026, la directive dite « Omnibus I » a réduit le champ du reporting de durabilité aux entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, et celui du devoir de vigilance aux entreprises de plus de 5 000 salariés et 1,5 milliard d'euros. En mars 2026, le lancement du marché carbone qui couvrira le chauffage des bâtiments et le transport routier a été reporté de 2027 à 2028.

En France encore, la loi de simplification de la vie économique supprimait la possibilité de créer des zones à faibles émissions. Le Conseil constitutionnel a censuré cet article le 21 mai 2026, pour un motif de procédure, sans se prononcer sur le fond.

Pourquoi l'enjeu ne disparaît pas

Ces reculs portent sur des aides, des délais et des champs d'application. Les obligations de fond, elles, sont toujours en vigueur, et ce sont elles qui commandent les chantiers.

Pour les logements, la loi Climat et résilience de 2021 fixe un calendrier qui n'a pas été modifié à ce jour : en métropole, un logement doit être classé au moins F au diagnostic de performance énergétique pour être loué depuis 2025, au moins E à partir de 2028 et au moins D à partir de 2034. Un projet de loi sur le logement, adopté par le Sénat en juillet 2026, est encore en discussion à l'Assemblée nationale. Pour les bureaux, commerces et autres bâtiments tertiaires de 1 000 m² et plus, le dispositif Éco Énergie Tertiaire impose une baisse de la consommation d'énergie d'au moins 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050.

Le droit européen va dans le même sens. La directive de 2024 sur la performance énergétique des bâtiments demande à chaque État de réduire la consommation moyenne d'énergie primaire de ses logements d'au moins 16 % d'ici 2030 et de 20 à 22 % d'ici 2035, par rapport à 2020. Le règlement de 2024 sur les gaz fluorés organise la sortie progressive des HFC, ces fluides utilisés dans la climatisation et le froid, jusqu'à zéro en 2050, et il exige que les personnes qui installent ou entretiennent ces équipements soient certifiées. Enfin, le texte qui a reporté le marché carbone a aussi ajouté à la loi européenne sur le climat un objectif contraignant : une baisse nette de 90 % des émissions d'ici 2040 par rapport à 1990.

Quels emplois la transition écologique crée-t-elle ?

Le service statistique du ministère de la Transition écologique compte 817 300 emplois en équivalent temps plein dans les éco-activités en 2023, soit 2,8 % de l'emploi en France. En 2004, elles en comptaient 422 400. Dans la production d'énergies renouvelables, le nombre d'emplois a été multiplié par 4,8 sur la période. Le même service recense 361 000 personnes qui exercent un métier dont la finalité est environnementale en 2024.

Certaines filières sont mesurées plus finement par l'Ademe. En 2023, la fabrication, la vente et l'installation de pompes à chaleur individuelles et de chauffe-eau thermodynamiques représentaient 65 990 emplois en équivalent temps plein, le solaire photovoltaïque 27 550, et l'isolation des parois (murs, toitures, planchers) des maisons individuelles 70 080. Ces chiffres se recoupent en partie et ne s'additionnent pas.

Sur le terrain, les offres d'emploi montrent les métiers concernés. Au 1er juillet 2026, France Travail publiait 3 953 contrats de travail pour des électriciens du bâtiment, 2 239 pour des couvreurs, 2 144 pour des installateurs en chauffage et climatisation, 1 908 pour des chauffagistes, 1 579 pour des techniciens de maintenance en chauffage, ventilation et climatisation, 1 562 pour des frigoristes et 315 pour des installateurs en systèmes solaires et photovoltaïques. Ces chiffres comptent les offres en ligne ce jour-là. La transition touche aussi d'autres filières, comme la mobilité électrique ou la gestion des déchets, que nos pages de formation ne couvrent pas encore.

Il faut garder une nuance en tête. Selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail, les projets de recrutement reculent de 6,5 % sur un an, tous secteurs confondus. Le bâtiment reste une poche de tension, avec 143 000 projets de recrutement et 65 % de postes jugés difficiles à pourvoir.

Pour chacun de ces métiers, nos pages détaillent le contenu des formations : la formation pompe à chaleur, la formation d'installateur photovoltaïque, la formation technicien en climatisation et la formation de conseiller en rénovation énergétique. Les fiches métier donnent les salaires et les conditions d'accès, par exemple la fiche métier du frigoriste ou la fiche métier de l'électricien. Le panorama des formations à la transition énergétique les rassemble.

Qu'est-ce que la transition juste ?

L'expression figure dans le préambule de l'accord de Paris de 2015, qui demande de tenir compte « des impératifs d'une transition juste pour la population active et de la création d'emplois décents et de qualité ». L'idée est simple : la transition supprime des emplois dans certains secteurs et en crée dans d'autres, et les personnes qui travaillent dans les premiers ne doivent pas en supporter seules le coût.

L'Union européenne en a fait un fonds. Le règlement du 24 juin 2021 crée le Fonds pour une transition juste, destiné à aider « les régions et les personnes » à faire face aux conséquences de la transition, notamment sur l'emploi. La France en reçoit environ 1,03 milliard d'euros, pour des territoires de six régions, parmi lesquels le Nord et le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, la vallée de la chimie autour de Lyon ou le territoire de la centrale de Cordemais. Sur ce montant, 309 millions d'euros vont au volet emploi et compétences.

L'Organisation internationale du travail a précisé en 2015 ce que cela implique pour les salariés. Ses principes directeurs recommandent de « développer la formation pour l'amélioration des compétences et la reconversion (notamment des travailleurs touchés par la transition) ». Pour un ouvrier d'une centrale qui ferme ou un salarié d'un secteur qui décline, la formation est ce qui rend possible le passage vers un métier qui recrute. Notre page sur la reconversion dans l'énergie sans diplôme décrit ces passages concrets.

Quel est le rôle d'Umanity ?

Se former à un nouveau métier coûte de l'argent et du temps, et les aides publiques ne couvrent pas toujours tout, surtout quand leurs budgets se resserrent. Umanity finance la formation par un contrat de partage de revenu : vous ne payez rien d'avance, l'organisme est payé par Umanity, et vous ne versez une part de votre revenu qu'une fois en emploi, au-dessus d'un seuil de revenu fixé à la signature, pendant une durée limitée et jusqu'à un plafond connu dès le départ. Si la formation ne débouche pas sur un emploi mieux payé, vous ne versez rien. Notre explication simple du contrat de partage de revenu en reprend le fonctionnement pas à pas.

Nous travaillons avec des écoles partenaires, dont EnerSchool, spécialisée dans la rénovation énergétique. Nous avons financé plus de 150 apprenants à ce jour, tous métiers confondus, et 90 % d'entre eux étaient en emploi six mois après leur formation, avec un revenu en hausse de 930 € nets par mois en moyenne. Ces résultats portent sur nos cohortes passées : ils ne garantissent pas un emploi à une personne en particulier, dont le parcours dépend aussi de son projet et de sa région.

Comment se former et financer sa formation ?

Avant de choisir, trois vérifications évitent les mauvaises surprises : que la formation mène à une certification reconnue par les employeurs du métier visé, qu'il existe des offres dans votre bassin d'emploi, et que le financement est réuni avant l'entrée en formation. Notre méthode pour choisir un métier en tension détaille ces étapes.

Pour le financement, plusieurs dispositifs se combinent : le compte personnel de formation, les aides de France Travail pour les demandeurs d'emploi, ou la période de reconversion pour les salariés. Notre page financer sa formation explique comment le contrat de partage de revenu complète ou remplace ces aides, et financer une formation sans CPF couvre le cas où votre compte est vide.

Questions fréquentes

La transition écologique crée-t-elle encore des emplois en France ? Oui. Le service statistique du ministère de la Transition écologique compte 817 300 emplois en équivalent temps plein dans les éco-activités en 2023, contre 422 400 en 2004. Les obligations de rénovation des logements et des bâtiments tertiaires, toujours en vigueur, entretiennent la demande pour les métiers du bâtiment et de l'énergie.

Quels métiers de la transition écologique recrutent ? Au 1er juillet 2026, les offres publiées par France Travail concernent surtout les électriciens du bâtiment, les couvreurs, les installateurs en chauffage et climatisation, les chauffagistes, les techniciens de maintenance en climatisation et les frigoristes. L'installation photovoltaïque recrute aussi, avec des volumes plus faibles.

Qu'est-ce que la transition juste ? C'est le principe, inscrit dans le préambule de l'accord de Paris, selon lequel la transition écologique doit tenir compte des travailleurs des secteurs qui reculent et favoriser des emplois décents. L'Union européenne le finance par le Fonds pour une transition juste, dont la France reçoit environ 1,03 milliard d'euros.

Les aides à la rénovation ont baissé : faut-il renoncer à ces métiers ? Les aides ont été réduites, mais les obligations qui imposent les travaux restent en vigueur, en France comme dans le droit européen. Les offres d'emploi continuent d'être publiées, même si l'ensemble du marché du travail ralentit en 2026.

Comment financer une formation dans la rénovation énergétique ? Le compte personnel de formation, les aides de France Travail et la période de reconversion peuvent s'appliquer. Umanity peut financer la formation par un contrat de partage de revenu : rien à payer d'avance, et une part du revenu versée seulement une fois en emploi, au-dessus d'un seuil. Vous pouvez déposer une candidature pour étudier votre projet.

Sources : ministère de la Transition écologique, communiqués des 17 juin et 29 septembre 2025 ; Anah, 6 février 2026 ; Sénat, synthèse sur le projet de loi de finances pour 2026 (logement) ; Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi sur le logement ; Parlement européen, fiches de procédure Omnibus I, loi européenne sur le climat et normes CO2 des voitures ; Conseil constitutionnel, décision n° 2026-903 DC ; Service-Public.fr ; directive (UE) 2024/1275 ; règlement (UE) 2024/573 ; SDES, éco-activités et métiers à finalité environnementale (2026) ; Ademe, marchés et emplois de la transition énergétique (édition 2025) ; France Travail, enquête BMO 2026 et offres publiées au 1er juillet 2026 ; accord de Paris ; règlement (UE) 2021/1056 et fse.gouv.fr ; OIT, principes directeurs de 2015. Les résultats Umanity sont des données internes.

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Sources

Les informations publiées dans cet article sont générales et datées (voir la date de mise à jour). Elles ne constituent ni un conseil financier ni un conseil d’orientation personnalisé. Les chiffres cités renvoient à leur source officielle. Pour votre situation, parlez-en avec Umanity ou un conseiller en évolution professionnelle.

Nicolas Goilav

Rédigé par Nicolas Goilav, cofondateur et CEO d’Umanity.

Pendant mes études d'ingénieur, je donnais des cours. Un jour, j'ai rencontré une élève de terminale ES qui avait 3 de moyenne en maths.

Publié sous sa responsabilité : il est directeur de la publication du site, comme les mentions légales le déclarent.

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